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Sunday, February 8th, 2026
the Fifth Sunday after Epiphany
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Whole Bible (6)
versets 1-18
1 à 3 justes et injustes ont des destinées pareilles
Pas plus que le travail (Ecclésiaste 2:21), la vertu ne commande le bonheur.
Tout ceci : ce qui suit.
Dans la main de Dieu : dans une complĂšte dĂ©pendance de Dieu (Proverbes 19:21); les meilleures actions ne sont point un brevet de bonheur, un sauf-conduit Ă travers les dangers et les maux de la vie. Non pas que lâhomme soit irrĂ©sistiblement dĂ©terminĂ© par Dieu dans le sens du bien ou du mal, comme on lâa conclu parfois dâune fausse interprĂ©tation des mots qui suivent : Lâhomme ne sait pas sâil aimera⊠Les circonstances, qui ne sont pas en notre pouvoir, peuvent nous plonger dans des sentiments de haine ou dâamour, aigrir ou attendrir le caractĂšre, nous crĂ©er un cĆur irritĂ© ou bienveillant. Mais lâhomme, pressĂ© dâun cĂŽtĂ© ou de lâautre, peut cĂ©der ou rĂ©sister au penchant mauvais.
Avec ce passage, dit Luther, dans la prĂ©face de son commentaire de lâEcclĂ©siaste, on a misĂ©rablement tourmentĂ© une multitude innombrable de consciences, et fait disparaĂźtre la bienheureuse doctrine de la pleine certitude des promesses divines. Aux cĆurs travaillĂ©s et chargĂ©s, on a fait croire que, dans notre vie et Ă lâheure de notre mort, nous devons ignorer si Dieu nous a reçus ou non dans sa grĂące. Et les gens Ă©taient tellement aveugles que les vaines imaginations avec lesquelles on souillait ce texte leur cachaient lâĂ©vidente doctrine des prophĂštes et des apĂŽtres, qui veulent que nous soyons parfaitement certains que Dieu nous a reçus en grĂące.
Tout est possible, littéralement : Tout est devant eux, tous les chemins les plus divers sont là ouverts devant leurs pas.
Tout peut arriver Ă tous. Non seulement, tout peut arriver, mais Ă tous. MoralitĂ©, piĂ©tĂ©, justice nâassurent absolument pas une destinĂ©e terrestre meilleure que celle de lâimpie.
MĂȘme sort, mĂȘme rencontre. Il ne sâagit pas ici pour lâauteur dâĂ©tablir au-dessus de Dieu un destin aveugle et seul tout-puissant, mais dâopposer aux efforts et aux calculs prĂ©somptueux de lâhomme, qui voudrait commander Ă la fortune, lâinĂ©luctable uniformitĂ© des accidents et de lâaccident suprĂȘme auxquels la vie est exposĂ©e (EcclĂ©siaste 2:14-15; EcclĂ©siaste 3:19).
Pour lâhomme bon et pur. La premiĂšre de ces Ă©pithĂštes est destinĂ©e Ă montrer quâil sâagit ici, non pas de la puretĂ© tout extĂ©rieure (lĂ©vitique) dont se contentaient en IsraĂ«l les consciences superficielles, mais de la puretĂ© rĂ©elle et du cĆur.
De celui qui jure, à la légÚre, sans nécessité et sans sérieux.
Comme de celui qui craint de jurer, non pas : qui se fait scrupule de jurer, mais littéralement : qui craint le serment, qui a pour cet acte le respect voulu.
Câest lĂ une chose fĂącheuse dans tout ce qui a lieu âŠ, câest-Ă -dire un inconvĂ©nient grave qui sâattache Ă tout ce qui a lieu ici-bas, et qui peut avoir une influence dĂ©moralisante (Aussi). Comparez EcclĂ©siaste 8:14.
La folie : le mĂ©pris ou la seule mĂ©connaissance de Dieu. La folie, câest le contraire de la sagesse. Or, la sagesse consiste Ă craindre Dieu.
Et aprĂšs cela, chez les morts ! Cet ordre est pour tous Ă©galement, et alors, il nây a plus rien Ă faire. Tant quâon vit, il y a possibilitĂ© dâamĂ©lioration. Dum spiro, spero; tant que je respire, jâespĂšre, dit un proverbe latin. Dans EcclĂ©siaste 4:2-3 et EcclĂ©siaste 6:4. Le dĂ©couragement avait amenĂ© lâEcclĂ©siaste Ă considĂ©rer la non-existence comme prĂ©fĂ©rable Ă la vie. Ici, en dĂ©pit des dĂ©boires dont la vie est pleine, il tient un tout autre langage et soutient avec une verve Ă©gale la thĂšse contraire.
4 à 6 supériorité de la vie sur la mort
Quelque exemple quâon choisisse. Ainsi, associez la notion de la vie Ă lâanimal le plus mĂ©prisĂ© (en Orient), et celle de la mort au roi des animaux, en voilĂ assez pour donner au chien une incontestable supĂ©rioritĂ© sur le lion.
Dâautres traduisent : Car qui est privilĂ©giĂ©, exemptĂ© de la mort ? Ce qui oblige dâadmettre une forte ellipse entre ces mots et ce qui suit.
Dâautres encore, lisant jechubar au lieu de jebuchar et modifiant la ponctuation massorĂ©tique, en viennent au sens de : Tant que quelquâun est associĂ© aux vivants, il y a de lâespoir. Mais ce nâest certainement pas ainsi quâont lu les rabbins.
Car les vivants savent quâils mourront. Il y a dans tout ce passage quelque chose dâamĂšrement satyrique. Savoir, mĂȘme quand cette connaissance est une cause dâamertume (EcclĂ©siaste 2:19; EcclĂ©siaste 5:16), parce quâelle porte sur le fait de la mort, a cependant cela de bon que, pour savoir, il faut vivre.
Les morts ne savent absolument rien. Sortis du temps, ils sont de ceux pour lesquels plus rien nâarrive (verset 10). Ils existent encore, mais privĂ©s de toutes les manifestations de lâĂȘtre. Voir Psaumes 6:6, note.
Plus de salaire. LâEcclĂ©siaste sait quâil y aura un jugement, et par consĂ©quent un salaire (EcclĂ©siaste 3:17; EcclĂ©siaste 12:9). Mais la vie et lâimmortalitĂ© nâayant pas encore, de son temps, Ă©tĂ© mises en Ă©vidence, il voit aprĂšs leur mort les justes et les mĂ©chants rĂ©duits Ă la mĂȘme condition. Comparez Job 14:7-12; Psaumes 30:10; Psaumes 88:1-7; ĂsaĂŻe 38:18. Quand on en reste lĂ et quâon ne perce pas par un Ă©lan de foi (Psaumes 16:10-11; Psaumes 17:15) les tĂ©nĂšbres du SchĂ©ol, on est bien prĂšs de glisser (Psaumes 73:2). Mais que tel ne soit pas le cas pour lâEcclĂ©siaste, câest ce qui rĂ©sulte de EcclĂ©siaste 11:8, oĂč les jours de tĂ©nĂšbres sont qualifiĂ©s de nombreux, mais non pas dâĂ©ternels.
Leur mĂ©moire mĂȘme est oubliĂ©e. Pas mĂȘme cette vaine satisfaction de vivre dans le souvenir reconnaissant des hommes.
7 Ă 10
Plusieurs mettent ces versets dans la bouche de lâhomme qui succombe au doute et se livre Ă la folie (verset 3) : puisque Dieu ne fait aucune diffĂ©rence entre le juste et lâinjuste, ne nous occupons que du prĂ©sent !
Nous pensons quâici, comme dans les passages correspondants (EcclĂ©siaste 8:15, note), lâEcclĂ©siaste parle en son propre nom. LâinsensĂ© ne parlerait pas de Dieu comme il le fait au verset 7. Il sâagit pour le sage de ne pas se laisser aller au dĂ©sespoir et au scepticisme, et pour cela lâauteur lâengage Ă jouir du bonheur que Dieu met Ă sa portĂ©e, ce qui est une maniĂšre dâhonorer Dieu.
Avec joieâŠ, gaiement. Quelques tĂ©nĂšbres que nous ayons devant nous, câest un devoir que dâentrer, en jouissant, dans les bienveillantes intentions que, de tout temps (dĂšs longtemps), Dieu a eues Ă notre Ă©gard. Nous nâavons point ici le : Mangeons et buvons, de 1 Corinthiens 15:32, mais plutĂŽt 1 TimothĂ©e 4:4 : Tout ce que Dieu a créé est bon, et rien nâest, Ă rejeter, quand on en use avec actions de grĂąces.
DĂšs longtemps Dieu prend plaisir Ă ce que tu fais. En te privant de ces joies, par une rĂ©solution que tâaurait inspirĂ©e le dĂ©sespoir, tu passerais Ă cĂŽtĂ© de la volontĂ© divine.
Quâen tout tempsâŠ, et non pas seulement dans les jours de fĂȘte.
Tes vĂȘtements soient blancs : en signe de joie et de sĂ©rĂ©nitĂ© (Horace, Satyres, II, 2, 59-61). Quel dĂ©fi jetĂ© aux tristesses de la vie ! Comparez 2 Samuel 12:20.
Que lâhuile ne manque point⊠Voir Psaumes 23:5 et, dans Psaumes 45:8, lâexpression huile de joie.
Nous voici bien loin de Ecclésiaste 7:28. Les mots que tu aimes expliquent cette contradiction.
Toute ta vie de vanitĂ©. Nulle part autant quâici lâEcclĂ©siaste nâinsiste sur la vanitĂ© de la vie.
Dans le labeur. Comparez EcclĂ©siaste 2:10; EcclĂ©siaste 3:22; EcclĂ©siaste 5:18. Ce que lâEcclĂ©siaste recommande nâest donc point une vie oisive. Voir aussi dĂ©but du verset 10. Pas plus que les tristesses (versets 4 Ă 8), les joies de lâexistence ne doivent paralyser le sage.
Comparez Jean 9:4.
11 et 12 Ne pas trop attendre de la sagesse. Compter aussi avec les circonstances extérieures, indépendantes de ta volonté et dépendantes de Dieu seul
Retour Ă la pensĂ©e de la dĂ©pendance de lâhomme (verset 1), mais avec lâintention de prouver par des exemples et des comparaisons ce qui a Ă©tĂ© dit au commencement du morceau. Sur lâexpression : Je me remis Ă considĂ©rer, voir EcclĂ©siaste 4:4, note. LâEcclĂ©siaste vient de faire appel Ă lâĂ©nergie de lâhomme (verset 10). Que personne, ajoute-t-il maintenant, ne sâimagine pourtant quâen appliquant toutes ses forces Ă ce quâon fait, on soit certain de rĂ©ussir ! Quelque vaillant et habile quâon puisse ĂȘtre, on nâest point assurĂ© du succĂšs.
Ni la guerre, la victoire, ni la faveur, la vogue, lâinfluence quâon exerce en se faisant aimer.
Car tous dĂ©pendent du temps et des circonstances, littĂ©ralement : Car temps et coup les rencontrent tous, câest-Ă -dire : les coups qui surviennent en leur temps (EcclĂ©siaste 3:1-8) frappent indistinctement bons et mauvais. Il faut travailler et, au besoin, courir, mais sans oublier Romains 9:16.
Son heure, lâheure suprĂȘme (EcclĂ©siaste 7:17; Jean 12:27). Ce verset prouve le prĂ©cĂ©dent : du moment que nous ignorons lâheure de notre mort, Ă plus forte raison Dieu nous laisse-t-il dans lâignorance des Ă©vĂ©nements moins importants dont se compose notre vie.
13 Ă 18
Si les prĂ©visions de lâhomme sont souvent dĂ©jouĂ©es, ce nâest cependant pas une raison pour mĂ©priser la sagesse. Elle a bien son prix, alors mĂȘme quâelle est souvent payĂ©e dâingratitude.
Qui mâa paru frappant, littĂ©ralement : Cette [sagesse] a Ă©tĂ© grande pour moi. Voir dans Jonas 3:3 une tournure analogue : ville grande pour Dieu.
Cet exemple est citĂ© dâune maniĂšre si vivante, quâon pourrait, mais Ă tort, pensons-nous, le prendre pour une allusion Ă un fait historique.
De grands ouvrages, littĂ©ralement : de grands filets (EcclĂ©siaste 7:26), des travaux ayant. pour but dâempĂȘcher la population de la ville de sâĂ©chapper et les vivres dây entrer.
Cette remarque est un retour de lâauteur Ă lâidĂ©e, qui du reste nâest absente dâaucune page de lâEcclĂ©siaste, de la vanitĂ© de toute chose.
Qui était pauvre. Un trait de satyre en passant : on est particuliÚrement ingrat envers les bienfaiteurs pauvres.
La sagesse est utile, plus utile que la force (EcclĂ©siaste 7:19; Proverbes 16:32; Proverbes 21:22; Proverbes 24:5); mais, sans la richesse, elle fait souvent triste figure dans le monde. Ce nâest que la dĂ©tresse qui a engagĂ© les habitants de cette ville Ă passer par dessus lâhumble condition de ce sage.
Ne sont pas écoutées, le plus souvent.
Et cependant, si lâon Ă©coutait sans idĂ©es prĂ©conçues, sans prĂ©ventions, on discernerait souvent bien plus de fond dans les paroles du sage que dans les dĂ©clamations de cet orateur bruyant, qui ne domine parmi les insensĂ©s que parce quâil est insensĂ© lui-mĂȘme.
Que les engins de guerre, littĂ©ralement : que les armes dâapproche, ou les instruments de mĂȘlĂ©e.